...

*
*
création d'un nouveau blog qui restera inconue...

et dune nouvelle adresse MSN que n'auron que quelque "privilégiées" (les pauvres)...
*
*

# Posté le jeudi 12 janvier 2006 11:07

« Je fuis les responsabilités »

« Je fuis les responsabilités »
A force de fuir les attaches et les décisions, ils passent pour lâches, infantiles, égoïstes. Mais l'idée d'être responsable peut être réellement insupportable et angoissante. Explications.

C'est peut-être irrationnel, mais dès que j'entends le mot responsabilité, tous mes muscles se contractent, confie Patrick, 35 ans, célibataire, sans enfant. Je ne peux pas supporter l'idée que quelqu'un dépende de moi. Quand une femme me demande de m'engager, j'ai des crises d'angoisse, j'étouffe, comme si j'étais bloqué dans un ascenseur. » Peur d'être jugé, de perdre son indépendance, de répondre de ses actes, de ses choix et de ses désirs... Le refus des responsabilités revêt différents visages, mais c'est presque toujours l'angoisse qui en est la cause, une angoisse susceptible de se transformer en authentique phobie (hypegiaphobie).



Une origine génétique ?

« Assumer des responsabilités professionnelles, familiales ou morales est incontestablement source de stress, souligne Régine Frankel, psychologue clinicienne. Or les avancées de la psychobiologie, notamment les travaux de Jerome Kagan (in "La Part de l'inné" Bayard, 1999), chercheur à l'université américaine Harvard, mettent en évidence que près de 20 % des individus présentent, à la naissance, des particularités neurochimiques les rendant hypersensibles au stress et à la nouveauté. Ils héritent d'une amygdale – la partie du cerveau qui commande et gère la peur – hyperréactive, s'affolant à la moindre alerte. Face aux situations qui les obligent à se remettre en question, à s'exposer au jugement d'autrui, leur anxiété se déclenche trop vite, avec trop d'intensité. D'où, naturellement, une tendance à les éviter au maximum. »

L'incapacité à assumer des responsabilités serait donc inscrite dans les gènes ? « Disons que, comme pour tout comportement humain, elle est liée à divers facteurs, dont celui-là », indique Régine Frankel.



De la crainte d'être pris en faute au refus de s'engager

Jean préfère rester un exécutant plutôt que de prendre des responsabilités professionnelles ; Pierre-Yves rend sa compagne responsable de leurs problèmes de couple ; en cas de conflit, Sylviane accuse l'autre de tous les torts. Ces trois attitudes répondent à un besoin identique : dissimuler ses failles. « Un individu craignant plus que tout d'être pris en défaut se voit lui-même en fautif permanent, constate Gérard Louvain, psychanalyste. Comme s'il était hanté par une figure parentale sévère lui rappelant en permanence : “Tu es nul, méchant, tu n'arriveras à rien de bien, tu dois être puni.” La psychanalyse nomme cette voix intérieure intraitable le surmoi. »

Cette instance psychique se constitue par l'intégration des interdits parentaux qui nous ont été assénés. Plus l'individu continue d'idéaliser un père intransigeant ou une mère perfectionniste, plus il se sent jaugé sans indulgence, condamné par avance. Surtout, il se croit indigne d'occuper une position adulte responsable – réservée inconsciemment à papa-maman. Il opte donc pour la soumission ou la fuite. « L'exemple du philosophe danois Soren Kierkegaard est éloquent, précise Gérard Louvain. Louant l'engagement que représente le mariage, il n'a jamais épousé Régine, la femme qu'il aima jusqu'à sa mort, écrasé par l'image d'un père indétrônable. »


que faire?

Devenez plus indulgent avec vous-même
Refuser les responsabilités cache souvent un fantasme inconscient de perfection. Son origine ? Nos parents ne se sont jamais extasiés sur nous ou nous demandaient trop. Notre credo est alors devenu : « Pour être aimé, je dois être parfait. Si je ne prends aucune responsabilité, personne ne s'apercevra que je ne le suis pas. » Il est urgent de réaliser que la perfection n'est pas de ce monde, et que se tromper de temps en temps est plus confortable que fuir tout le temps.

Changez vos croyances
Nombre de phobiques de la prise de responsabilité s'imaginent préserver leur liberté en ne répondant de rien. C'est un leurre. Si vous n'êtes pas responsable de ce qui vous arrive, ni de vos limites ni de vos blocages, si vous n'êtes pour rien dans l'amour que l'on vous porte ou qui vous manque, c'est que quelqu'un d'autre est responsable. Quelqu'un dont vous êtes... totalement dépendant.

Affrontez votre peur
Devenir responsable, c'est oser s'affirmer et accepter les conséquences de ses actes. Tant que nous percevons un problème dans sa globalité, il nous obsède et nous bloque. Au lieu de vous en tenir à : « Je ne peux pas assumer de responsabilités », demandez-vous : « De quoi ai-je peur ? Quels sont les moments où prendre des responsabilités m'est particulièrement pénible ? »

conseils à l'entourage:

Il ne tient pas ses engagements ? Elle change d'idée comme de chemise, tout en le niant ? En l'agressant, en pointant son inconstance ou sa mauvaise foi, vous ne ferez que jouer le rôle de son surmoi trop sévère auquel, par son comportement irresponsable, il ou elle tente désespérément d'échapper. Placez calmement votre interlocuteur face à ses contradictions, en l'amenant à se responsabiliser face à sa parole. Son problème est peut-être d'avoir été traité trop longtemps en enfant à qui l'on ne demande rien : faites-lui savoir que vous n'êtes ni son père ni sa mère, et que vous avez besoin d'avoir en face de vous un adulte fiable. Inutile donc de lui reprocher sa paresse ou son manque d'ambition. Il a surtout besoin de valorisation de soi et de réassurance.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 07:41

« Je manque d'ambition »

« Je manque d'ambition »
Le succès ? “Ce n'est pas pour moi”, pensent-ils. Et quand les autres se battent pour réussir leur vie, eux se contentent de ce qu'elle leur donne, sans jamais oser se dépasser. La solution pour aller de l'avant : renouer avec ses désirs les plus profonds.

Charles Rojzman, sociologue et psychothérapeute, parle de deux formes d'ambition.

L'une, destructrice, est fondée sur l'orgueil et la comparaison. L'autre, positive, nous pousse à donner le meilleur de nous-même pour améliorer notre environnement et notre vie. Etre ambitieux ne se limite donc pas à la vie professionnelle. Ainsi, Valérie, 38 ans, employée à mi-temps, confie : « Ma priorité ? Mes enfants, les petits bonheurs de la vie... Hors de question de me battre pour plus de responsabilités professionnelles. » Elle manifeste une autre forme d'ambition, moins matérielle : celle de réussir sa vie personnelle.

Masquer ses peurs

Certains, en revanche, donneraient volontiers davantage d'ampleur à leur existence, mais, confrontés à leur immobilisme, ils se justifient par des « je n'ose pas », « j'ai déjà échoué une fois, il n'y a pas de raison pour que je réussisse »... « Beaucoup de personnes renoncent dès le premier obstacle, car elles vivent dans l'illusion d'un bonheur “tombé du ciel”, explique la psychothérapeute Monique Soucy. En réalité, la vie est toujours une succession d'épreuves : la réussite n'est jamais facile. »

Derrière ce manque d'ambition peuvent se cacher des peurs plus profondes : peur de faire de l'ombre, de trahir ses origines sociales ou les conventions familiales, de décevoir, de passer pour un prétentieux. Un manque de confiance qui reflète l'image intériorisée de ce que nous croyons être, celle que nous ont renvoyée dans l'enfance nos parents ou l'école. « Je n'ai jamais imaginé faire mieux que ma s½ur, admet Cécile, 27 ans. Dans ma famille, elle était la plus belle, la plus talentueuse. Jusqu'au jour où j'ai réalisé que je me freinais et que je faisais tout pour rester dans son sillage. »

Souvent, celui qui a peur de ne pas être à la hauteur invoquera des raisons « extérieures » à lui (malchance, contingence sociale...) pour ne pas mener l'action. Jean, 35 ans, d'origine très modeste, n'a aucun diplôme. Or ses employeurs, convaincus de ses talents en informatique, lui ont demandé d'encadrer un collaborateur plus diplômé et plus âgé que lui, mais ayant moins d'expérience technique. Il a décliné cette responsabilité, estimant ne pas avoir la légitimité de la mener à bien.

Une “panne” du désir

L'ambition est une énergie créatrice, un formidable moteur. Selon Jean-Luc Stachura, coach et formateur, elle est d'abord la manifestation d'un désir profond : celui d'exprimer sa personnalité dans ce qu'elle a de spécifique et dans ce qu'elle peut apporter de mieux aux autres. Désir aussi de s'aimer, de réaliser son potentiel. « Trop petit », « pas assez beau » : à quoi pourrait-on prétendre ? Pourtant, selon le coach, la chance est toujours un « mélange d'audace, de courage et de ténacité ». Agir en harmonie avec ses désirs profonds reste donc le meilleur moyen de l'attirer. Un état d'esprit qui a permis à Helen Keller d'écrire : « La vie est soit une aventure audacieuse, soit rien »...


que faire?

Se découvrir
L'ambition se puise en soi, dans ses propres richesses. Etre à l'écoute de ses élans, de ce qui nous porte naturellement, créer une relation d'amitié avec soi : nous avons tous nos spécificités, et ce sont de nos différences que nous allons enrichir notre entourage. Un travail d'introspection permet de découvrir ces qualités que nous avons intérêt à développer en nous et à apporter aux autres.

Se fixer des objectifs et les exprimer
« Quelles responsabilités me permettraient de m'épanouir ? » Exprimer concrètement son objectif permet de mesurer la distance entre ce que nous sommes et ce que nous aimerions être. Un objectif n'est jamais trop ambitieux lorsqu'il nous permet de révéler notre personnalité. De plus, lorsqu'on exprime clairement son besoin, l'entourage est, le plus souvent, prêt à nous aider.

Prendre plaisir à franchir les obstacles
Les « ambitieux » prennent généralement plaisir à relever les défis : chaque épreuve est, pour eux, une occasion d'apprentissage et d'enrichissement. Ils acceptent la critique et sont capables de l'utiliser pour avancer. Ils n'ont pas peur de l'échec car ils éprouvent la satisfaction d'avoir tenté leur chance.


conseils à l'entourage:

La meilleure façon d'aider celui qui souffre d'un profond manque d'ambition est de lui témoigner une réelle estime, de l'intérêt, de lui expliquer qu'on l'aime pour ce qu'il est et lui montrer ce qu'il y a de positif dans toute action, même si celle-ci a pu conduire à l'échec. On peut aussi lui faire comprendre que personne n'attend de lui qu'il soit parfait ou qu'il réussisse tout ce qu'il entreprend, que le désir de progresser s'apparente au désir de se faire du bien sans se comparer aux autres. Mais la meilleure solution est sans aucun doute de lui montrer l'exemple : en affirmant soi-même ses propres désirs et en essayant de les réaliser, on lui offre des preuves « vivantes » que le dépassement des obstacles est toujours source d'avancées et de liberté.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 07:31

« Je suis trop gentil(le) »

« Je suis trop gentil(le) »
Avec leurs proches, face à des inconnus, sur leur lieu de travail, en vacances, ils sont toujours agréables et répondent présent avant même qu'on les ait sollicités. Que cache une telle douceur ?

La gentillesse ? Dans un monde dominé par l'incivilité, le stress et les tensions, elle apporte une note de fraîcheur bienfaisante. « C'est une disposition naturelle, souligne la psychanalyste Chantal Hamon, c'est-à-dire instinctive, qui relève du principe de plaisir et gratifie celui qui en fait preuve. Elle relève aussi du principe de réalité en s'inscrivant dans une civilisation où cette conduite, jugée trop rare, est sollicitée, reconnue et appréciée. » Baume sur les bosses du quotidien, elle apaise. Seulement, le "trop gentil" dépasse la dose prescrite.



Pour Violette, 34 ans, le baume se transforme souvent en amertume : « Dans n'importe quelle situation, mon premier réflexe est de penser d'abord à l'autre, à son confort, à son plaisir... Jusqu'à ce que je me rende compte que cela lui importe peu, au fond. Et je repars avec beaucoup de ressentiment. » Trop souvent, il s'engage dans l'action au mépris de ses préférences, multipliant les démarches destinées à rendre l'autre plus heureux. D'où vient cette attitude d'abnégation ?



Justifier son existence

Si l'on ne souffre pas de gentillesse, en revanche trop de gentillesse peut engendrer chez l'individu des conflits pathologiques. « L'individu trop gentil a souvent l'impression que sa disposition naturelle à la gentillesse a été instrumentalisée, que l'autre en a abusé », explique Gérard Huber, psychanalyste. Un malaise qui se manifeste chez celui qui souffre d'une angoisse d'abandon depuis l'enfance. Négligé par une mère peu investie, déchiré par des parents en crise ou désemparé par une fratrie non accueillante, il a pu se vivre inconsciemment comme un objet gênant, encombrant.



Véronique, 40 ans, a longtemps cru être issue d'une relation adultère : « Toute ma vie, je n'ai cessé d'agir pour justifier mon existence, légitimer ma personne. Pour cela, j'ai développé une seule stratégie : être sage, gentille, douce... »



Refouler l'agressivité naturelle

Dans son enfance, le « trop gentil » n'a souvent pas pu ou su exprimer ses désirs et, en tout cas, ceux-ci ont rarement été entendus. N'ayant jamais été reconnu ni accepté, il se perçoit comme défaillant, ressentant une grande honte lorsqu'il n'est pas aimable. Son agressivité, sa violence naturelle, il la retourne contre lui, comme une punition. Et tente d'acheter les bons sentiments d'autrui en effaçant ses propres désirs. Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) voient dans cette attitude un déficit d'affirmation de soi. Le don de soi ne lui procure pas le bonheur qu'il espère, mais plutôt une grande insatisfaction, un mal-être, cortège précédant souvent un état dépressif.



« Son besoin d'autrui le pousse parfois à des conduites de dépendance telles que l'alcoolisme ou la toxicomanie. Une façon punitive de retourner la violence contre lui afin d'être toléré, accepté, aimé, note Chantal Hamon. Mais, ce faisant, il s'épuise et se perd de vue. »


que faire?

Plonger en soi
Ayant pris conscience de sa souffrance, le premier pas consiste à cesser de la porter comme une fatalité. Quels comportements craint-on de la part des autres ? Que deviennent les accès de colère refoulée ? D'où vient ce sentiment d'échec constant ?

Prendre conscience de ses limites
Pourquoi raccompagner les collègues de travail jour après jour ? faire régulièrement les courses de toute la fratrie ? A-t-on pris soin de prendre en compte ses propres désirs, de renoncer à certains mais aussi d'en affirmer d'autres ?

Se regarder dire non
Pour obtenir l'estime et l'amour des autres, ne s'est-on pas trompé ? Les aimer, n'est-ce pas aussi leur fixer des limites ? Entraînons-nous à ne pas nous sentir coupables. On peut même se servir d'un miroir et s'exercer à dire non.

Apprendre à s'accepter
En s'accordant le droit de demander une augmentation de salaire, d'affronter un conflit familial, on permet à autrui de satisfaire des besoins que l'on taisait jusque-là. On se réapproprie alors son histoire sans plus la subir. De nouveaux comportements qui, peu à peu, feront de soi un sujet et non plus un objet.


conseils à l'entourage:

On évitera de juger la personne "trop gentille", et on l'aidera à se confier pour faire la lumière sur son comportement excessif. On peut aussi l'encourager à constater qu'elle peut obtenir amour et estime par d'autres biais que l'abnégation systématique.



Comme le préconise Robert A. Glover dans “Trop gentil pour être heureux” : « Sachez dire stop à votre époux qui ne parle que de son travail ; après une première réaction de surprise, il en viendra à vous considérer autrement, votre relation s'enrichira. »



L'individu trop gentil doit reconnaître et accepter ses propres désirs, s'autoriser même à déplaire et à décevoir. Ainsi, il pourra apprendre à occuper son espace, à être moins consensuel, afin de devenir lui-même.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 07:27

« Je me sens toujours exclu »

« Je me sens toujours exclu »
Cette sensation d'être rejeté, nous l'avons presque tous ressentie un jour. Mais lorsqu'elle s'installe, elle est le signe d'une souffrance profonde. Décryptage d'un mal-être qui oblige à se dépasser.

Déjà dans la mythologie grecque, le mot « exclusion » évoque le châtiment. Des héros tels que Dédale ou ¼dipe, punis par les dieux, sont condamnés à l'exil. Ces récits illustrent l'une de nos angoisses fondamentales : « De même que la peur de ne pas être aimé, celle d'être mis à l'écart est partie intégrante de nous, car nous naissons avec le désir viscéral d'être inclus, de plaire », explique Marie-Dominique Linder, psychothérapeute (1). Lorsque l'on se sent différent et que l'on a le sentiment d'être rejeté, la relation aux autres devient infernale. Mais ce mal-être permet à certains de se dépasser : ils font de leur hypersensibilité un plus. Et se font accepter.

Une peur archaïque de l'abandon

« La peur d'être écarté peut s'enclencher de façon exagérée après un événement traumatisant, comme la séparation d'un nouveau-né avec l'adulte qui s'occupe de lui, continue Marie-Dominique Linder. L'enfant se construira avec la sensation d'avoir déplu et d'avoir été rejeté. »

Pour Yamina Nouri, psychothérapeute, le sentiment de rejet s'enracine dans la toute petite enfance, essentiellement lorsque certains « décalages » dans l'image de soi se sont installés : décalage, par exemple, entre ce que l'enfant percevait de lui-même et la place qui lui a été réellement attribuée. Ainsi Philippe, 38 ans, aîné d'une famille nombreuse, s'est-il senti très tôt responsable de ses frères et s½urs. « J'aurais parfois aimé recevoir l'attention et l'indulgence accordées aux plus petits, regrette-t-il, car je ne me sentais pas beaucoup plus “fort” qu'eux. »

Décalage aussi entre ce qui a été donné à l'enfant et ce qu'il a effectivement reçu : un bébé peut avoir fait l'objet de soins physiques rigoureux, mais sans investissement affectif réel. Certains grandiront ainsi avec l'impression d'avoir manqué d'amour et développeront un instinct de persécution. Dans les cas les plus extrêmes, cette angoisse peut évoluer en paranoïa.

Le « vilain petit canard »

« On ne veut pas de moi parce que je suis différent », « Je ne me sens pas à ma place », « Je suis de trop » : certains réajustent sans cesse leur comportement pour se conformer aux supposées attentes d'autrui. Pour Marie-Dominique Linder, c'est à cause de la sensation d'être « tombé là par hasard », d'être le « vilain petit canard », un mal-être particulièrement vif à l'adolescence. L'ado s'efforce de gommer ses particularités pour ne pas être exclu du groupe. Grandir consiste à sortir de cette crise pour s'affirmer comme individu.

Répéter et provoquer

Quand on vit dans l'anticipation d'une rupture – parce que, enfant, on en a vécu une traumatisante –, on peut, de façon inconsciente, aller jusqu'à la provoquer. Voilà comment se crée le cercle vicieux : lorsqu'un trop fort désir de plaire nous anime, lorsque l'on « en demande trop », on déclenche généralement une réaction défavorable. Car, souvent, plus la personne anticipe un rejet, plus elle risque en effet d'être rejetée.


que faire?

Comprendre le mécanisme
Comment le sentiment s'est-il installé ? Avons-nous subi une séparation douloureuse lors de notre enfance ? Un événement a-t-il changé notre perception de nous-même ? Il s'agit d'identifier le mécanisme et de le démonter.

Dédramatiser
L'humour est très utile pour sortir de l'isolement. De nombreux artistes et écrivains se servent de leur sensibilité exacerbée pour s'exprimer. Si nous n'avons pas tous le talent de Woody Allen, nous pouvons quand même tenter de parler de ce que nous ressentons, et commencer à « lâcher » cette image à laquelle nous sommes accrochés.

Aller vers les autres
Attendre que l'autre vienne à soi est vain. Créer des liens exige un effort sans relâche. Aller vers les autres, c'est aussi les écouter et vérifier ce qu'ils ont voulu dire lorsque nous nous sentons mis à l'index. Ce qui évite les malentendus.

Exister en l'absence d'un regard valorisant.
Apprendre à assumer ce qui nous différencie de l'autre et ne pas chercher auprès de lui la confirmation de ce que nous sommes, c'est cela, grandir. Quand le sentiment d'être rejeté crée un vide en nous, nous pouvons tenter de le combler en développant un don singulier. L'exclusion devient un défi qui nous oblige à nous dépasser.


conseils à l'entourage:

L'attitude adéquate consiste à savoir l'écouter et le valoriser, à prendre soin de lui demander son avis et à en reconnaître la pertinence... sans non plus tomber dans la complaisance, car en faire trop produirait l'effet l'inverse : cela enfermerait la personne dans une dépendance et renforcerait son symptôme.



Prêter une oreille bienveillante aux demandes et angoisses de l'autre, c'est aussi savoir rester ferme. En effet, la personne qui se sent exclue doute des vraies raisons de l'intérêt qu'on lui porte. Il faut la rassurer sur sa capacité à se faire aimer. Et ne pas, par notre attitude, lui laisser la possibilité d'émettre des doutes sur nos intentions et nos actes.

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 07:22